Comment définiriez-vous votre approche du métier QHSE au sein d’Altens ?
Mounia Sadnia : Je pars d’une conviction simple : la QHSE ne doit pas être perçue comme une fonction de contrôle ou de contrainte réglementaire, mais comme un véritable partenaire de la performance de l’entreprise. Concrètement, ces sujets représentent la capacité d’une entreprise à protéger ses collaborateurs, à répondre aux exigences de ses clients, à maîtriser ses risques, et à s’inscrire dans une trajectoire durable.
Mais je ne conçois pas cette fonction uniquement sous l’angle de la mise en conformité. Mon rôle consiste à transformer ces exigences réglementaires en un véritable levier de performance : être présente sur le terrain, comprendre les contraintes opérationnelles de chaque métier, et construire des solutions avec les équipes plutôt que de leur imposer des procédures déconnectées de leur réalité. La conformité est le socle ; la performance et la confiance de nos clients en sont le prolongement naturel.
La médaille d’Or EcoVadis vient couronner une progression rapide. Comment analysez-vous ce résultat avec le recul ?
Mounia Sadnia : Cette médaille est une reconnaissance importante, mais elle doit se lire comme une étape au service d’un objectif plus large : la décarbonation de nos activités et de celles de nos clients. Altens est un acteur de la transition énergétique, et notre performance RSE ne peut avoir de sens que si elle s’articule avec cette ambition.
C’est d’ailleurs ce que confirme l’analyse des sources publiques réalisée par EcoVadis : nos réalisations concrètes en matière de solutions alternatives : notre biocarburant PUR100 bas carbone, notre station publique de bioGNV, ou encore notre partenariat pour le transport de diesel renouvelable par pipeline ont directement nourri notre score. Et ce n’est qu’une partie de l’histoire, notre BU Énergies Renouvelables porte aujourd’hui un portefeuille de projets à la fois divers et ambitieux : sur le solaire au sol, notre activité de solaire en toiture. Nous développons également le stockage d’énergie via des systèmes BESS. Enfin, sur le volet gaz, nos stations sont en exploitation ou en chantier, avec une nouvelle mise en service prévue prochainement.
La RSE et la décarbonation ne sont donc pas deux sujets parallèles chez Altens : elles avancent main dans la main, et se traduisent par des projets bien réels, engagés sur le terrain.
Quels sont, selon vous, les chantiers prioritaires pour la suite de la démarche RSE d’Altens ?
Mounia Sadnia : Plusieurs chantiers structurants sont déjà engagés. Le premier concerne naturellement la trajectoire vers la médaille Platine, avec une évaluation ciblée pour mars 2027 : cela implique de continuer à renforcer notre reporting, notamment sur les déchets et la consommation énergétique, et de documenter plus finement certaines de nos actions.
Le deuxième axe, tout aussi important, consiste à élargir notre démarche RSE au-delà de nos propres murs, en direction de notre chaîne de fournisseurs. Les achats responsables ne peuvent pas se limiter à des engagements internes : ils doivent irriguer nos relations avec nos partenaires commerciaux, à travers des critères clairs et un accompagnement progressif.
Nous menons une réflexion active sur l’alignement de nos pratiques environnementales avec les exigences de la norme ISO 14001. Sans attendre une certification formelle, nous structurons progressivement notre système de management environnemental : cartographie des impacts, objectifs quantitatifs, plans d’action, afin d’être prêts à en démontrer la maturité, que ce soit pour EcoVadis ou dans une perspective de certification à plus long terme.
Enfin, nous poursuivons un travail de fond sur la structuration de nos outils de pilotage QSE : cartographie de nos engagements par pilier, tableaux de bord partagés, présentation régulière de nos avancées à la direction. C’est une dimension moins visible de l’extérieur, mais essentielle pour transformer une bonne performance ponctuelle en trajectoire durable.
Vous évoquez la qualité de vie au travail. Comment ce sujet s’articule-t-il avec la démarche RSE ?
Mounia Sadnia : Pour moi, la RSE ne se limite pas aux enjeux environnementaux : le volet social en est une composante à part entière, et c’est d’ailleurs l’un des quatre piliers évalués par EcoVadis. Le développement de la qualité de vie au travail est donc un axe que nous portons avec la même exigence que nos engagements environnementaux.
Concrètement, cela s’est traduit par l’organisation de semaines dédiées à la QVCT, associant sensibilisation à la sécurité routière, ateliers de prévention, moments de cohésion d’équipe et initiatives autour du bien-être.
En regardant vers 2027, quelle est votre ambition pour la fonction QHSE au sein du groupe ?
Mounia Sadnia : Mon ambition est que la QHSE devienne un réflexe partagé par l’ensemble des équipes, à tous les niveaux, plutôt qu’une fonction support isolée. Cela passe par la pédagogie, la formation continue, et surtout par la démonstration que ces sujets servent concrètement la performance de l’entreprise et la sécurité de chacun.
Sur le plan RSE, notre feuille de route s’inscrit pleinement dans la méthodologie CAP2030 du Groupe Advens, qui aligne nos engagements RSE avec notre stratégie à long terme. L’objectif n’est pas de courir après un label supplémentaire, mais de construire une trajectoire cohérente, mesurable, et surtout durable pour Altens, pour ses collaborateurs, et pour l’ensemble de ses parties prenantes.

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Le RSE n’est pas une contrainte, c’est un partenaire de la performance.